J’ai eu la chance et le très grand bonheur, à deux reprises déjà, d’être accompagnatrice au Parcours laurentien. À chacune de mes participations, ce voyage d’études m’a rappelé les nombreuses raisons pour lesquelles j’ai choisi ce métier et, aussi, que c’est exactement pour vivre ce genre de projet collectif qui éveille, transforme et mène à bien plus grand que soi que je continue de l’exercer.
Décloisonnant les savoirs, les connaissances et, surtout, la salle de classe, s’inscrivant tout à fait dans la pédagogie du lieu, le Parcours laurentien permet vraiment à toutes et à tous, élèves et enseignant·e·s, Québécois·e·s issu·e·s de l’immigration passée et récente, Autochtones et Allochtones, de partager et de vivre une expérience multiculturelle et multidisciplinaire en allant réellement à la rencontre du territoire et de ses écosystèmes, et ce, de nation à nation.
Alors que chaque nouveau jour nous apporte son lot de conflits, d’injustices et de catastrophes qui ne sont plus naturelles, que nos institutions et nos services sont toujours davantage menacés de continuer à s’effriter puis de s’effondrer, le Parcours laurentien est un ensemble de réponses véritablement transformatrices. Dans nos sociétés, tout repose essentiellement sur des rapports extractivistes au territoire ; tout est à refaire. Avec le Parcours laurentien, ce n’est pas seulement l’enseignement de la formation générale qui se déploie et qui prend enfin tout son sens, c’est le et la citoyen·ne qui se voit entièrement engagé·e, loin des écrans, des algorithmes et autres IAG, au cœur d’une aventure humaine et collective ouvrant des horizons et des possibles aussi vastes que le Saint-Laurent et construisant rien de moins que la société consciente, responsable et réellement juste que nous souhaitons et à laquelle nous rêvons pour demain.
Je crois sincèrement que le Parcours laurentien est appelé à devenir d’ici quelques années un grand rassemblement pédagogique, culturel et internation à l’ensemble du réseau et de la province et ainsi qu’il aura une destinée semblable à celle du Prix littéraire des collégien·ne·s, issu notamment d’une initiative née il y a plus de 20 ans ici au Collège Montmorency et à laquelle participent maintenant 61 établissements d’enseignement collégial.